J’utilise énormément l’IA pour écrire les contenus de mes clients.
LinkedIn.
Scripts vidéo.
Personal branding de dirigeants.
Et je pense que c’est précisément l’une des raisons pour lesquelles ça fonctionne.
Pas parce que l’IA écrit mieux que moi.
Mais parce qu’elle me permet de faire quelque chose qui était très difficile avant :
produire du volume sans sacrifier la profondeur.
A l’heure de la (fausse) chasse aux sorcières IA voir à la délation IA slop sur Linkedin je sais que je suis complètement à rebours mais je m en tape le coquillard.
Et pour comprendre comment j’en suis arrivé là, il faut que je vous montre un peu les coulisses.
Tout a commencé par une contrainte
Quand j’ai collaboré avec Agence Personnelle, j’ai découvert un exercice assez particulier.

Il fallait comprendre très vite un expert: J etais payé au client.
(Que je passe 30 mins ou 4 h dessus)
Son métier. Son positionnement. Ses convictions.
Puis trouver suffisamment de matière pour produire une vingtaine de vidéos pertinentes.
Et recommencer avec le suivant.
Puis le suivant.
Puis le suivant.
Parfois 4 , 5 clients la même journée !
Le problème, c’est que je viens d’une culture marketing assez différente.
J’aime creuser.
Quand je travaille sur un client, j’ai envie de comprendre son offre, ses concurrents, son marché, ses clients, ses mots, ses obsessions et ceux de sa cible.
(SWOT team pour ceux qui ont la ref)
Donnez-moi un CEO qui vend un SaaS pour les produits ménagers, quelques jours plus tard je mange SaaS, je dors produits ménagers.
C’est un problème.
Mais c’est aussi mon métier.
Sauf que là, je n’avais pas plusieurs jours.
J’avais parfois une heure.
Donc je me suis posé une question :
Comment garder la profondeur quand on doit aller vite ?
Ma réponse a été l’IA.
Mais pas ChatGPT ouvert avec :
« Donne-moi 20 idées de posts LinkedIn pour un CEO. »
Ça, tout le monde peut le faire.
Et généralement, ça se voit.
J’ai commencé à construire des agents.
Agent 1 : ne jamais arriver à poil devant un expert
Mon premier agent a une mission simple :
comprendre l’univers du client avant que je lui parle.
Il fait quoi exactement .
Son entreprise.
Son offre.
Ses concurrents.
Son positionnement.
Ses prises de parole.
Les sujets de son marché.
Les mythes qu’il pourrait casser.
Les contradictions intéressantes.
Les territoires sur lesquels il pourrait avoir quelque chose à dire.


Parfois des clients m envoi leur présentation, ca m’aide !
Évidemment, l’IA ne décide pas du positionnement à ma place.
Elle prépare le terrain.
Parce que je trouve assez dingue de rencontrer un dirigeant et de commencer par :
« Alors… de quoi aimeriez-vous parler ? »
Non.
Quand j’arrive au rendez-vous, j’ai déjà des hypothèses.
Des sujets.
Des questions.
Des choses avec lesquelles je pense qu’il sera d’accord.
Et surtout des choses avec lesquelles j’espère qu’il ne sera pas d’accord.
C’est généralement là que ça devient intéressant.
Ensuite, l’étape la plus importante : faire parler.
Pas de prompt magique ici.
Je fais parler le client pendant 1 à 2 heures.
Et je creuse.
Je veux ses anecdotes.
Ses convictions.
Ce qu’il pense que son secteur fait mal.
Ce qui l’agace.
Les choses qu’il dit à ses clients mais qu’il ne publie jamais.
Ses expressions.
Ses mises en lumière.
Ses exemples.
Ses désaccords.
Parce qu’un bon personal branding ne consiste pas à inventer une personnalité.
Il faut réussir à extraire celle qui existe déjà.
Et pendant cette conversation, je prends aussi des décisions très humaines.
Quel positionnement voulons-nous occuper ?
Quel est l’objectif ?
Visibilité ?
Crédibilité ?
Leads ?
Recrutement ?
Parce que non, on ne produit pas les mêmes contenus pour quelqu’un qui veut être connu de 100 000 personnes et quelqu’un qui veut être connu des 300 bonnes.
Agent 2 : transformer deux heures de conversation en 24 sujets
Après l’entretien, j’ai une mine d’or.
Le transcript complet.
Mes notes.
La recherche préalable.
Le positionnement choisi.
Les objectifs.
Les piliers éditoriaux.
Et surtout leur pondération.
Tout ça part dans mon deuxième agent.

Sa mission : identifier les 20 à 24 sujets les plus intéressants.
Si je cherche davantage de visibilité, je peux pousser les prises de position, les mythes à casser, les sujets plus accessibles.
Si je cherche de la conversion, je peux descendre beaucoup plus profondément dans la niche.
Et parfois l’agent retrouve dans deux heures de conversation une petite phrase que j’avais presque oubliée.
Et là :
Bingo.
On tient un sujet.
C’est là que l’IA est extraordinairement puissante.
Elle ne connaît pas mieux mon client que lui-même.
Elle ne connaît pas mieux ma stratégie que moi.
Mais elle peut digérer une quantité de matière considérable sans se dire :
« Cette petite phrase à la 47e minute n’était peut-être pas importante. »
Et ma règle est assez simple :
Je ne demande pas à l’IA ce que mon client devrait penser.
Je lui demande de trouver tout ce qu’il y a d’intéressant dans ce qu’il pense déjà.
La différence est énorme.
Agent 3 : maintenant, il faut rendre tout ça consommable
Avoir une bonne idée ne suffit pas.
Il faut encore que quelqu’un s’arrête dessus.
Mon troisième agent travaille donc la transformation du sujet en contenu.
Hooks.
Double hooks.
Parfois triple hooks.
Structure.
Contexte.
Insight.
CTA quand il en faut un.


Et après ?
Je pourrais cliquer sur « copier-coller » et aller boire un café.
Malheureusement, non.
C’est généralement là que mon travail commence vraiment.
Pour certains clients CEO, je peux passer encore 2 ou 3 jours à reprendre une vingtaine de contenus.
Je coupe.
Je réécris.
Je remets leur vocabulaire.
Je supprime les formulations qui sentent ChatGPT à 3 kilomètres.
Parfois je garde 80 %.
Parfois 20 %.
Je m’en fiche.
L’IA est un outil de production.
Pas le directeur éditorial.
Et pour la vidéo, le script a une autre fonction
Il sert d’airbag.
Parce qu’il y a une chose que j’ai apprise en tournage :
quelqu’un peut être absolument brillant dans son métier…
…et perdre mystérieusement 40 points de QI quand deux caméras s’allument devant lui.
C’est normal.
On a parfois 3 ou 4 heures de studio pour produire une vingtaine de vidéos.
Je ne peux pas me permettre de découvrir au bout de deux heures que :
« finalement, on aurait dû préparer davantage ».
Donc je prépare.
Si la personne est excellente spontanément, tant mieux.
On oublie le script.
On rebondit.
On improvise.
Mais si elle bloque ?
J’ai mon ballon de secours.
Le tournage doit produire.
Et maintenant mon opinion qui risque d’en énerver quelques-uns.
Je pense qu’un post LinkedIn à 80 000 ou 100 000 vues est parfois…
un bug.
Pas un bug informatique.
Un bug de distribution.
Je m’explique.
La quantité de contenus disponibles est en train d’exploser.
Et l’IA va évidemment accélérer le phénomène.
Dans ce contexte, je pense que la valeur de LinkedIn ne sera pas de montrer toujours plus de contenus à toujours plus de monde.
Ce sera exactement l’inverse.
Comprendre de plus en plus finement quel contenu doit être montré à quelle personne.
Qui parle ?
De quoi ?
Avec quelle légitimité ?
À quelle niche ?
Et qui a réellement intérêt à voir ce post ?
Voilà le jeu qui m’intéresse.
Je préfère largement 3 000 impressions avec 200 personnes importantes pour le business de mon client…
…que 80 000 impressions accidentelles parce qu’on a parlé d’un sujet vaguement universel qui fait réagir tout LinkedIn.
La viralité est agréable pour l’ego.
La qualification est beaucoup plus agréable pour le business.
C’est pour ça que je pense qu’on utilise souvent mal l’IA.
On lui demande :
« Fais-moi un post viral. »
Je préfère lui demander :
« Aide-moi à devenir impossible à confondre dans cette niche. »
Sujet après sujet.
Semaine après semaine.
Toujours suffisamment cohérent pour que LinkedIn comprenne :
Cette personne parle de ÇA.
Elle est crédible sur ÇA.
Et les personnes qui s’intéressent à ÇA réagissent régulièrement à ses contenus.
Donc montrons ses prochains contenus à davantage de personnes qui s’intéressent à…
ÇA.
C’est beaucoup moins sexy qu’un hack algorithmique.
Mais c’est ma vision du personal branding.
Et il reste un dernier problème : le volume.
On peut raconter ce qu’on veut.
Faire un excellent post tous les 17 jours ne suffit généralement pas.
Il faut publier.
Tester.
Répéter.
Affiner.
Revenir.
Occuper progressivement un territoire.
Il faut dépoter.
Et c’est probablement là que l’IA m’est la plus utile.
Elle me permet de faire se rencontrer deux choses qui étaient auparavant difficiles à concilier :
la profondeur et le volume.
Mes agents font une partie du travail lourd.
Moi, je garde ce que je considère comme le plus important :
La stratégie.
Les choix.
Les interviews.
Les convictions.
Le goût.
La réécriture.
Et la décision finale.
Je ne pense donc pas que LinkedIn doive devenir « anti-IA ».
Je pense qu’il va surtout devoir devenir de plus en plus anti-contenu inutile. Plat.
Et ce n’est vraiment pas la même chose.
Alors n’utilisez peut-être pas l’IA pour parler à plus de monde.
Utilisez-la pour devenir extrêmement pertinent auprès de moins de monde.
Puis faites du volume, de la régularité-
Et laissez LinkedIn comprendre à qui vous appartenez.
(Note : dans une prochaine NL je parlerai des résultats de cette approche.
Encore une fois ce n est pas ce que vous croyez … )
PS : Je développe également un agent IA spécifique pour chaque client régulier… mais c’est une autre histoire…





